Raquel

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"On ne peut pas être solidaire si on n’a pas d’empathie. Il faut commencer par écouter les autres, écouter ce qu’ils ont à dire."

"Je suis arrivée le 28 juillet 2005. J’avais rencontré un Français au Brésil. Il me parlait de son pays, et ça m’a donné envie de venir. Pour moi, la France c’était Paris : l’élégance, le romantisme, la beauté. En plus, Fortaleza, la ville d’où je viens, a été colonisée par les Français, donc les références à la France sont partout.

Je suis arrivée en tant que fille au pair pour apprendre la langue dans une famille, à Versailles. Puis j’ai repris mes études à l’université, pour trois ans…. mais six mois avant la remise de diplôme, j’ai rencontré mon mari.

Quand je dis que je suis Brésilienne, la réaction est généralement positive. Mais maintenant que je vis ici et que je fais « partie des meubles » certaines personnes autour de moi me blessent quand ils parlent des immigrés de façon péjorative. Ils oublient que moi aussi je suis immigrée ! Ils me répondent « mais toi ce n’est pas pareil ! ». Mais si, c’est pareil. La différence est que je suis arrivée dans des circonstances très privilégiées. J’ai été accueillie. Et ça c’est une grande chance.

Ce qui est urgent dans le climat actuel c’est d’essayer de faire rentrer dans la tête des gens que les immigrés ne vont rien voler ; au contraire ils viennent apporter quelque chose. On a tous notre propre culture, notre propre richesse, notre histoire et on vous l’apporte. Ne vous inquiétez pas, on ne va pas repartir avec le savoir-faire français : ce savoir-faire restera français !

On manque d’empathie. On ne peut pas être solidaire si on n’a pas d’empathie. Il faut commencer par écouter les autres, écouter ce qu’ils ont à dire. Tous ceux qui arrivent et qui ont fui leur pays sont tellement riches en expérience, en histoires. Les écouter c’est comme lire un livre, on apprend beaucoup.

Les attentats de novembre 2015 m’ont fait me sentir plus Parisienne. Le lundi, il y avait une ambiance bizarre. J’ai eu l’impression que dans les transports, les gens étaient d’une gentillesse infinie. C’était une ambiance irréelle. On se regardait tous les uns les autres ; on faisait attention aux autres.

Parfois j’essaie de me rappeler cette impression, de garder ce moment en tête pour pouvoir le revivre tous les jours. Maintenant ma vie est en France. Ma maison, c’est là où se trouvent mon mari et mon enfant. Peu importe où ils sont." 

Cette campagne fait partie d'un partenariat avec la Mairie de Paris.

Photo Credit: OIM/Romeo Balancourt

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Raquel
Pays Actuel: 
France
Pays d'origine: 
Brésil

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