Malakeh

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« Je suis une migrante car dans mon pays d’origine, les gens se font tuer. »

« Je suis partie en Allemagne car nous avons un très mauvais gouvernement en Syrie. Ils ont tué chaque personne qui se dressait contre eux. C’est pour cela que j’ai quitté mon pays. »

« Je suis d’abord allée en Jordanie, mais là-bas, on ne peut pas travailler. Quand quelqu’un travaille en Jordanie et que le gouvernement l’apprend, ils punissent la personne. Alors mon mari Mohammed a décidé de venir en Allemagne pour travailler.

Après 14 mois, j’ai rejoint mon mari en Allemagne. C’était il y a huit semaines. J’ai voyagé très confortablement dans un avion mais seulement parce que mon mari avait choisi le chemin difficile : il a fui vers la Turquie et depuis là-bas a rejoint la Grèce, puis de Grèce il est parti en France et de France, il est arrivé en Allemagne. C’est un chemin semé d’embuches mais pour décrire ce périple, je dirai : « c’est terminé, cette vie est derrière nous. »

«En Syrie, j’ai tout quitté pour aller en Jordanie et recommencer à zéro. Là-bas, j’ai eu un nouveau travail, je travaillais pour une chaîne de TV en tant que journaliste et présentatrice, mais mon mari ne pouvait pas y travailler et n’avait pas de passeport. Quand j’ai décidé de le rejoindre en Allemagne, j’ai aussi abandonné ma vie en Jordanie : mon travail, mais aussi ma nouvelle université, ma maison, ma voiture. J’ai tout laissé en Jordanie. Quand je suis partie pour l’Allemagne, cela n’a pas été facile de tout reprendre à zéro. Tout va bien ici, mais quand on doit quitter son ancienne vie dans son pays d’origine, c’est difficile. 

Ce pays fait de bonnes choses pour nous, Syriens, et nous devons être des gens bien ici. Nous devons faire beaucoup de bonnes choses en Allemagne et pour l’Allemagne. Je travaille ici en tant que cuisinière, j’animais une émission culinaire en Jordanie. Je songe maintenant à créer mon entreprise de restauration et à enseigner aux Allemands comment faire de la cuisine syrienne. Je veux partager notre nourriture et notre culture avec les gens. 

La question de ce qui me manque le plus me touche beaucoup. Toutes les rues en Syrie me manquent, ma maison me manque, tout ! Peut-être que ce qui me manque le plus, ce sont les roses de Syrie et la rivière Barada à Damas, et tous les magasins. Quand  j’étais en Jordanie, tout ce que je voyais était tellement similaire à la Syrie. Et en Allemagne, les anciennes cathédrales me rappellent celles de Syrie. Je n’ai pas de mots pour expliquer à quel point mon pays me manque. C’est un sentiment que je ne peux pas expliquer. »

Malakeh et son mari planifient leur avenir en Allemagne mais la Syrie leur manque beaucoup. Pour Malakeh, la définition de « chez elle » en un mot : « mère »

Histoire recueillie par Christine Strotmann

Photo: Christine Strotmann

2,791 kmfrom home
#iamarefugee
Malakeh
Pays Actuel: 
Allemagne
Pays d'origine: 
Syrienne, République Arabe

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