Awa

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Photo credit: IOM/Flavia Giordani

815 kmfrom home
#iamamigrant
"Un jour, j’aimerais bien rentrer chez moi et faire quelque chose au Sénégal, dans mon pays."
Awa
Pays Actuel: 
Mauritanie
Pays d'origine: 
Sénégal

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"Au Sénégal, je travaillais comme couturière depuis 3 ans lorsqu’un jour, j’ai dit à mon patron : « Je pars ! ». Il m’a demandé pourquoi je voulais tout abandonner. Je lui ai répondu que j’avais envie de me changer les idées, de découvrir un autre pays. Je suis arrivée en Mauritanie et j’ai travaillé comme cuisinière chez des Maures pendant 1 an. Ce travail était difficile, je l’ai donc quitté et je suis retournée au Sénégal pour les vacances et pour réfléchir à mon avenir. Mon rêve, c’était d’ouvrir un atelier de couture mais au Sénégal, il y en avait déjà beaucoup. En Mauritanie, au contraire, ils étaient plutôt rares et le marché est beaucoup plus ouvert. Après 3 mois au Sénégal, j’ai décidé de repartir en Mauritanie. Mes parents étaient contre mon projet, ils avaient peur pour moi, car j’étais une femme seule. J’avais le cœur serré de les quitter, mais je devais tenter l’aventure, voir ce qu’il y avait dehors. Je devais faire ma vie.

J’ai rencontré une femme qui m’a hébergé chez elle. J’avais ma petite machine à coudre que ma maman m’avait achetée et j’ai fait de la couture pendant 1 mois. Puis j’ai trouvé un travail à l’Agence Française de Développement comme femme de ménage. Mon patron était très gentil, il m’a payé des cours de français. Dans cette école de langue, j’ai rencontré une femme espagnole mais on s’est perdues de vue. Par hasard, je l’ai recroisée 6 mois plus tard et quand je lui ai expliqué mes difficultés au travail depuis que mon ancien patron était parti, elle m’a dit « Hey, viens travailler avec moi !». Je suis partie avec elle à Nouadhibou où je suis devenue serveuse dans son auberge.

Un jour, j’ai vu une pochette en tissu qui trainait et je lui ai dit « Je peux faire ça ! ». Elle était surprise et m’a demandé « Mais pourquoi tu fais ce genre de travail comme femme de ménage ou serveuse? ». Je lui ai expliqué que c’était difficile d’ouvrir un atelier. Elle m’a donné du travail et a trouvé que ce que je faisais était génial, elle m’a dit  « Tu dois travailler dans le domaine de la couture » et elle a tout fait pour m’encourager. On a ouvert un atelier ensemble à Nouakchott. Au début c’était difficile, mais hamdoulilah maintenant ça va bien. Je la remercie énormément car on se ne connaissait pas beaucoup et elle m’a fait confiance. Elle aimait ce que je faisais et elle m’a donné du courage. J’ai tout fait pour réussir et pour que l’atelier marche bien. Je suis ambitieuse. Maintenant je fais ce que j’aime et j’ai beaucoup plus confiance en moi.

Au début ce n’était pas facile d’habiter en Mauritanie car les gens te regardent beaucoup, surtout si tu es différente. Les gens sont très curieux, si tu te promènes avec un homme, on te demande si tu es mariée, si c’est ton copain. C’est quelque chose qui me dérange beaucoup, encore aujourd’hui. Les mentalités et la culture sont très différentes de celles mon pays. Mais malgré cela, chaque année, j’apprécie davantage la Mauritanie.

Une fois par an, je retourne au Sénégal et cela me rend heureuse, surtout de revoir ma mère. L’ambiance du Sénégal me manque beaucoup, parler avec les gens et manger un vrai thiéboudiène. Dans quelques années, j’aimerais bien rentrer chez moi et ouvrir un grand atelier avec une boutique. J’aimerais faire quelque chose au Sénégal, dans mon pays… Ou ailleurs. Pour le moment, je suis en Mauritanie mais j’ai d’autres projets.

Ce que je veux à tout prix, c’est continuer la couture."

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