Biola

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photo credit: IOM/Monica Chiriac

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#iamamigrant
"Je leur ai dit que je rentrais chez moi, dans mon pays. Il y a des choses que l'argent ne peut pas acheter."
Biola
Pays Actuel: 
Niger
Pays d'origine: 
Nigéria

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"Il y a deux ans, mon mari est tombé malade en Libye. Ils l'ont ramené au Nigéria, mais malheureusement il était déjà trop tard. Deux semaines plus tard, j'ai également perdu mon fils de trois ans. Il était très malade et je ne pouvais pas le soigner. J'ai trois autres enfants à ma charge maintenant. Parfois, je suis désespérée, mais je ne veux pas vendre mon corps pour les nourrir. Je dois rester forte et me battre.

Une amie m'a appelée depuis la Libye pour me proposer du travail alors j'ai vendu tout ce que j'avais, y compris mon magasin, afin de me rendre en Libye. Mais je ne suis allée qu'à Dirkou où le chauffeur de la voiture nous a abandonnés. Nous sommes restés là-bas cinq jours sans nourriture ni eau. Je ne savais pas quoi faire. Il était parti avec toutes nos affaires; On attendait qu'il revienne mais il ne l'a pas fait.

Après la mort de mon fils et mon mari, j'avais eu un ulcère. Après des jours dans le désert à attendre, j'ai commencé à vomir du sang. Je suis resté allongée tout le temps, attendant un miracle. Je pensais à mes enfants ; je devais rester forte pour eux. Un petit garçon nigérian qui travaillait à Dirkou m'a vue et m'a conseillé d'aller à l'OIM. Il a dit au chauffeur de revenir nous chercher, et il l'a fait.

Ils m'ont vite amenée au centre de l'OIM à Dirkou, puis à l'hôpital où ils m'ont donné un traitement pour  soigner mon ulcère. Je pouvais à peine marcher.

Je leur suis tellement reconnaissante d'être en vie. Je me demande quelque fois ce qu'il me serait arrivé si je n'avais pas rencontré ce petit garçon nigérian.

Beaucoup de gens sont restés dans le désert. Ils ne voulaient pas être aidés car ils avaient encore de l'argent. Leur but était de rejoindre la Libye, et même après cinq jours à attendre dans le désert, ils étaient encore convaincus que le chauffeur allait revenir. Ils sont probablement encore là. Je leur ai dit que je rentrais chez moi, dans mon pays. Il y a des choses que l'argent ne peut pas acheter. "

 

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