Malika

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Photo credit: IOM/Monica Chiriac

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#iamamigrant
"Les gens sont différents ; toutes les femmes n'ont pas les mêmes objectifs ou ambitions, et nous devons respecter ces choix."
Malika
Pays Actuel: 
Niger
Pays d'origine: 
Niger

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"Mes parents se sont séparés quand j'étais très jeune, et mes six frères et sœurs et moi avons été pris en charge par mes grands-parents. Je suis la plus âgée, donc j’ai toujours aidé mes frères et sœurs autant que possible, surtout mes sœurs. Je ne veux pas qu'elles aient à demander de l'argent aux hommes.
Mon grand-père était journaliste donc j'ai toujours aimé écouter les gens. J’ai cherché une bourse en communication et une université à Bamako m'en a offert une. J'ai pleuré sur la route, ne sachant pas à quoi m'attendre. Je suis descendu du train et j'ai regardé autour de moi et je me suis demandé ce que j’allais devenir dans un pays où je n'avais ni famille, ni amis ; je n’avais le soutien de personne.
J'ai trouvé une maison avec quatre autres étudiantes, et j'ai payé l'avance pour nous toutes. Ils nous ont donné la clé, et nous nous sommes rendu compte que nous n'avions pas d'eau ou d'électricité. Nous sommes allées nous plaindre à l'agence et ils nous ont dit que celui à qui nous avions donné l'argent ne travaillait même pas là-bas! Désespérée et sans abri, j'ai dû appeler mon grand-père à 5 heures du matin et lui raconter ce qui s'est passé.
Je ne pouvais même pas me permettre d’acheter des manuels scolaires. J'étais toujours en train d’économiser et d'envoyer de l’argent à ma famille afin que ma mère puisse obtenir un traitement approprié pour son cancer. Je n'ai jamais rien demandé à personne. En tant que jeune femme dans un pays étranger, je me suis battue, mais j'ai réussi à survivre.
Je me suis sentie accueillie au Mali et les gens avec lesquels je me suis bien entendu étaient des locaux, mais je ne me suis pas fait beaucoup d'amis parce que j'étais très concentrée sur mes études. Plutôt que papoter, je préférais rester dans mon coin et étudier. Je ne pouvais pas décevoir ma famille ; ils comptaient tous sur moi. J'ai dû me battre pour terminer mes études.
Après avoir obtenu mon diplôme, j'ai postulé pour faire le service civil. J'ai pleuré pendant des jours quand j'ai découvert qu'ils allaient m’envoyer à Agadez. J'ai dit à mon employeur que j'étais jeune et prête à apprendre, alors il m'a conseillé d'envoyer mon CV aux différentes structures. J'ai toujours voulu travailler dans le domaine humanitaire, donc j'ai été heureuse quand j'ai appris que j'avais été recrutée en tant que mobilisateur communautaire pour l'OIM et ensuite avec l'unité de protection. J'aime travailler avec les migrants - chaque jour j'apprends quelque chose de nouveau.
De nos jours, vous pouvez voir de plus en plus de femmes qui occupent des postes de pouvoir au Niger. Les femmes se sont émancipées et cherchent des choses autres que le mariage. Les gens sont différents - ce n’est pas toutes les femmes qui ont les mêmes objectifs ou ambitions, et nous devons respecter cela.
La seule raison pour laquelle je me marierais maintenant, c'est pour pouvoir être le tuteur légal de mes frères et sœurs, et cela n'est possible que si je suis mariée. Au cours de mes dernières années de lycée, il y avait un homme qui voulait m'épouser, mais mon grand-père a heureusement refusé. Il a dit que je devais terminer mes études, peut-être même faire un doctorat et, que l'apprentissage ne se termine jamais. Il disait toujours : "Un homme peut te tromper, un diplôme ne le fera jamais".

Previous Country of Residence: 
Mali

Photo Credit: Monica Chiriac

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