Maurice

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2,580 kmfrom home
#iamamigrant
"Près de la frontière avec le Niger, au milieu du désert, à 23 heures, ils ont débarqué 100 personnes."
Maurice
Pays Actuel: 
Niger
Pays d'origine: 
Côte D'ivoire

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"Après avoir obtenu mon diplôme, j'ai vu mes amis revenir d'Europe et acheter toutes sortes de choses, alors j'ai pensé que je pourrais réussir aussi. Mais je n'ai jamais voulu rester en Europe ; je voulais juste gagner assez d'argent pour ma famille et retourner dans mon pays. Une fois arrivé en Algérie, j'ai commencé à étudier et je me suis rapidement rendu compte qu'avec l'éducation, je n'avais plus besoin d'aller en Europe et j'ai commencé à chercher un travail.

Une fois que j'ai trouvé un emploi honnête en Algérie, j'ai appelé ma femme en Côte d'Ivoire et lui ai demandé de me rejoindre. Elle a ouvert une petite boutique où elle vendait différents produits ivoiriens que les femmes africaines ne trouvaient pas en Algérie. Le magasin se portait bien, tout comme mon travail, alors nous étions très heureux quand elle est tombée enceinte.

Après avoir accouché plus tôt cette année, elle a décidé de rester à la maison pour prendre soin du bébé pendant que je travaillais. J'ai essayé d'être avec elle autant que possible, mais mon lieu de travail était à 150 km. Un jour, alors que j'étais au travail, mon ami m'a appelé pour me dire qu'on était allé chez moi et que les gens avaient pris ma femme et mon bébé.

Je suis allé les chercher et les ai trouvés dans un centre de rétention. Il faisait froid et il n'y avait pas de couvertures. Ils n'avaient pas laissé ma femme prendre des affaires avec elle quand ils les avaient amenés là. Nous n'avions rien avec nous, seulement bébé Adams. Deux jours plus tard, ils nous ont emmenés à Tamanrasset dans un camion. C'était la première fois que je voyais le désert.

Je n'oublierai jamais la vue d'une des personnes qui est tombée du camion et s'est cogné la tête sur le chemin de Tamanrasset. Il est mort juste là. Près de la frontière avec le Niger, au milieu du désert, à 23h, ils ont débarqué 100 personnes. Ils ont commencé à nous tirer dessus pour nous faire peur, et nous avons marché pendant environ 20 km jusqu'à Assamaka. Nous avons dormi sous le hangar jusqu'à l'arrivée du camion de l'OIM qui nous a emmenés au centre de transit pour les migrants à Arlit.

De là, nous sommes allés au centre d'Agadez où j'ai été choisi comme le représentant des ivoiriens. Après tout ce que nous avons vécu, je suis heureux d'accueillir mes frères au centre et de les aider à s’installer."

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