Jean Paul Alomo Mvogo

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Retrouver ma mobilité à fait renaitre en moi l’espoir d’une vie meilleure.
Jean Paul Alomo Mvogo
Pays Actuel: 
Cameroun
Pays d'origine: 
Cameroun

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Il y’a 15 ans j’ai décidé de partir du Cameroun à la recherche d’une vie meilleure. Mon objectif était d’arriver en Europe, avec ma qualification de chauffeur de grue, je savais que j’allais m’en sortir et me faire beaucoup d’argent pour changer la vie de ma famille.

Ici au Cameroun je travaillais comme chauffeur de grue et je possédais un taxi que j’ai acquis à XAF 2 800 000 (4 265 euros) et que j’ai revendu à XAF 700 000 (1 066 euros) pour me procurer l’argent du voyage.

Quand j’ai quitté le Cameroun, j’ai laissé XAF 100 000 (152 euros) à ma femme et je suis parti avec XAF 600 000 (913 euros). Je suis passé par le Nigeria. Arrivé à la frontière avec le Niger, j’ai été volé et on m’a pris tout mon argent. J’ai dû passer une grande partie de mon temps au Niger pour gagner de l’argent afin de continuer mon voyage. Puis je suis allé en Libye. Quand la guerre a éclaté je me suis rendu en Algérie, j’ai continué à travailler en progressant vers le Nord, mon objectif était d’entrer au Maroc pour traverser la méditerranée et aller en Europe. 

Au cours du voyage, nous avons été pris en chasse mes compagnons et moi par les chiens des gardes côtes à la frontière avec l’Espagne. Nous étions nombreux dans la fuite, dans la panique plusieurs personnes ont perdu la vie, piétinées par les fuyants. J’ai essayé de m’accrocher à un arbre, et à cause des épines, j’ai été obligé de lâcher. C’est de la que je suis tombé dans un ravin creusé pour empêcher l’entrée en Espagne. De ma chute, j’ai eu une fracture à la hanche, au bras et une blessure au pied.

J’ai été conduit à l’hôpital où j’ai subi une chirurgie à la hanche et à la main, puis on m’a refoulé au désert. Mon état se détériorait et ma blessure a commencé à s’infecter, ma main s’est tordue. Je savais que j’allais mourir ! C’est à ce moment qu’on m’a parlé de l’OIM et je m’y suis rendu. J’ai été conduit dans un hôpital, mais le médecin n’a pas pu m’opérer car il a été atteint de COVID-19 et a été évacué. J’ai donc été inclus dans la vague de migrants programmés pour rentrer alors que le Cameroun avait donné un accord spécial (couloir humanitaire) dû à la COVID.

De retour au Cameroun, j’ai été directement pris en charge et opéré neuf mois plus tard. J’ai eu beaucoup de difficultés après mon opération avec ma prothèse : mon corps en faisait un rejet. Après des examens, j’ai été mis sous antibiotiques et depuis, ça va beaucoup mieux. L’OIM a ensuite payé mes frais de rééducation pour quatre mois.

Quand je suis arrivé au Cameroun je me cachais, j’avais honte je ne voulais pas être une charge pour ma famille. Ce n’est qu’il y’a quelques temps, grâce aux conseils des agents de l’OIM, que j’ai repris le contact avec ma femme et mes cinq enfants. Durant mon opération j’avais déjà bénéficié de l’aide à la réintégration. J’ai commencé l’élevage porcin, mais dû revendre mon affaire car elle ne fonctionnait pas vraiment.

Néanmoins, je ne perds pas espoir au contraire, Retrouver ma mobilité à fait renaitre en moi l’espoir d’une vie meilleure, dès que je retrouve complètement la forme je vais me relancer dans plusieurs activités. Pour l’heure, je me suis inscrit aux formations offertes par un partenaire de l’OIM pour faire de l’élevage de volaille. Je vais retourner au village, m’y installer avec ma famille et lancer ma ferme.

Jean Paul a reçu une aide médicale d’environ XAF 4 million de francs XAF (6 092 euros) grâce à l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants, financée par le Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique. 

Previous Country of Residence: 
Algérie, Libye, Maroc

Related Sustainable Development Goal(s):

 

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