Alixe

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Photo : Kimani DeShields-Williams

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#iamamigrant
« En ce qui concerne la migration, j’estime que pouvoir voyager voire émigrer est un plus car le voyage forme, éduque. »
Alixe
Occupation: 
administrative assistant
Pays Actuel: 
Tchad
Pays d'origine: 
Tchad

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UN AUTRE UNIVERS

 « Je suis née en Chine et deux ans après ma naissance, mes parents ont été affectés en Algérie. Ensuite la France où j’ai fait mes études primaires. J’ai vécu une année en Belgique, puis bien plus tard, étudié en Allemagne , en Italie et de nouveau en France.

Après obtention de mon baccalauréat au Tchad, j’ai appris l’allemand en Allemagne, puis fait un séjour linguistique en Italie avant d’entamer mes études en France, à Valenciennes, où j’ai obtenu ma maitrise en Langues Etrangères Appliquées (DEA) au Droit et Affaires internationales (anglais-allemand), ensuite à quoi je me suis inscrite en DESS Négociateur Trilingue du Commerce International. A Valenciennes, il a fallu m’adapter à un système d’enseignement différent, où il fallait être très autonome. N’étant pas boursière, il a fallu trouver un travail pour subvenir à mes besoins et faire face aux différentes charges comme le loyer, les transports, les frais d’études etc. Certaines années j’en arrivais à cumuler trois jobs dans la journée en plus des cours. Mais c’est le lot des étudiants étrangers donc la situation n’avait rien d’extraordinaire.

Mon diplôme en poche, pendant mes années de recherche d’emploi, j’ai pu multiplier mes expériences professionnelles, avant de trouver l’opportunité de rentrer au Tchad avec une promesse d’embauche décrochée lors d’un forum de recrutement à Paris. Cela ne s’est finalement pas passé comme prévu sur place mais j’ai persévéré et trouvé un poste à l’ambassade d’Allemagne comme assistante administrative, lancé mon journal d’annonces gratuites et créé ma première entreprise de conseil en marketing et formation.

Ensuite j’ai quitté le pays et cinq ans plus tard, une formation en communication à mon actif en plus, ayant pris goût à l’auto-entreprenariat, je me suis réinstallée à mon compte. Le désir de rentrer travailler au Tchad ou à défaut en Afrique outre le fait que cela corresponde à mon projet de carrière, a été confronté par le constat lors de mon parcours que : « Ce qu’on peut faire ailleurs, peut-être une goutte d’eau dans la mer, alors que chez soi cela peut représenter une contribution appréciable. »

Ancienne Ministre des Postes et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, je suis aujourd’hui impliquée dans le secteur privé à différents niveaux et suis également membre du Bureau Exécutif du Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires au Tchad (REFAMP/T), Chargée des Commissions. Je soutiens régulièrement les (jeunes) entrepreneurs, dans leurs initiatives. En ce qui concerne la migration, j’estime que pouvoir voyager voire émigrer, lorsque que les conditions de base sont réunies, est un plus car le voyage forme, éduque.

Sur un plan personnel, c’est le bénéfice que je pense en avoir tiré. Mais avant d’entreprendre tout projet de voyage, il faut savoir pourquoi et comment on part, bien choisir sa destination sur des bases objectives en s’informant; savoir sur ce qu’on veut y faire et s’assurer que la destination choisie permettra de réaliser le projet car il est facile de se perdre en chemin ou d’être victime de gens mal intentionnés. Partir de chez soi n’est jamais facile et il faut se préparer à affronter de nombreuses difficultés dont d’ordre matériel et psychologique. Une personne qui part n’est perdue, mais un atout, tant qu’elle le fait dans les conditions un minimum idoine et régulière et qu’elle est à même d’accepter l’éventuel échec de l’expérience pour rentrer à tout moment et se reconstruire autrement.

Cette histoire fait partie de la série "AU DELÀ DES GROS TITRES" :  un aperçu de la migration au Tchad".

 

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