Yao

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Mohamed Diabaté

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#iamamigrant
« Je motive mes amis à voir loin et à rêver grand »
Yao
Pays Actuel: 
Côte D'ivoire
Pays d'origine: 
Tunisie

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Yao Kouadio, 33 ans, est rentré de Tunisie fin 2018. A son retour, il a bénéficié d’une formation en élevage à Abidjan proposée par CARE International. A l’issue de la formation, le partenaire a soutenu Yao, président d’un groupe constitué de 10 bénéficiaires, et son groupe dans l’installation d’une ferme avicole à Daloa. Il raconte.

« J’ai commencé mon voyage migratoire en janvier 2016 après avoir fait ma soutenance de master fin 2015. A ce moment-là, je travaillais dans la production de gâteaux. J’ai voulu agrandir mon activité alors j’ai pris un magasin mais ça n’a pas marché. J’ai perdu espoir parce que je n’avais plus de sources de revenu. Mes grandes sœurs qui se trouvaient alors en Tunisie m’ont proposé à ce moment-là de les rejoindre. Elles m’ont dit que je pourrais financer mes études doctorales. Elles m’ont permis d’obtenir les papiers pour partir et c’est ainsi que je me suis retrouvé en Tunisie où j’ai passé deux ans.

Je ne m’étais pas renseigné sur les opportunités avant de partir donc j’ai commencé par travailler trois semaines sur un chantier. Après ça, ils ont renvoyé les nouveaux donc je me suis donc rendu à l’ambassade où on m’a dit que je ne pourrais pas poursuivre mes études ici. On m’a même conseillé de rentrer car je n’avais selon eux pas ma place en Tunisie. Mais comme je devais aussi payer la chambre et les factures, je n’avais pas l’argent pour m’acheter un billet retour. Donc après avoir pris attache avec l’OIM, je suis rentré en novembre 2018.

Aujourd’hui, tout va bien sur le plan personnel : avec ma famille, mes amis, ma fille, je me sens à l’aise. Mais aussi sur le plan professionnel. En tant que chef de groupe, mes responsabilités sont surtout administratives. J’échange régulièrement avec la structure qui nous supervise. On aimerait élargir notre champ d’action. Pour l’instant, on vend à des hôtels, des restaurants, des revendeurs. Tout début est difficile mais on sait qu’il y a de l’espoir parce qu’on fait tous des sacrifices sur le plan personnel pour pouvoir augmenter notre production, faire évoluer nos activités et atteindre une autonomie financière. Sur le long-terme, les efforts vont finir par payer. »

« La Côte d’Ivoire est un pays importateur de volailles donc ce projet est le bienvenu. C’est vraiment un domaine à privilégier Ce projet représente aussi un espoir pour les migrants de retour qui, pour beaucoup, ont été rejetés à leur retour. 

Mon rêve est toujours de faire mon doctorat. Je suis convaincu que je vais pouvoir le faire. Je veux aussi que cette activité réussisse pour être un fermier. C’est pourquoi je motive mes amis à voir loin et à rêver grand. J’ai toujours dit à mes gars que notre objectif ne doit pas être immédiat. Nous devons penser long-terme. C’est un métier qui nourrit son homme s’il y a de la détermination et de la persévérance. »

Cette histoire fait partie de la série MIGRANTS DE RETOUR " Histoires de Côte d ’Ivoire - édition 2020 "

 

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