Jean-Pierre "Kidum"

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« C’est à travers ma musique que je contribue au changement social. Les Kenyans s’y identifient, et c’est important ».
Jean-Pierre "Kidum"
Pays Actuel: 
Kenya
Pays d'origine: 
Burundi

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Né au Burundi en 1974, Jean Pierre Nimbona, connu en Afrique de l’Est sous le nom de « Kidum », a fui son pays en 1995, après les troubles suivant la guerre civile. Il s'est installé au Kenya où il s’est lancé plus tard dans une carrière musicale couronnée de succès et est devenu très célèbre. Dans le cadre de ses efforts en faveur de la paix dans son pays d’origine, il a participé en 2001 à un concert pour la paix à l’invitation de l’ancien Président burundais, Pierre Buyoya.

Le président rwandais, Paul Kagame, l’a également invité à participer à un concert pour la paix. Le chanteur de variétés, spécialiste des chants profanes et du gospel, s’est également produit en Belgique et à Londres, entre autres. Cependant, Kidum garde toujours des liens avec le Burundi à bien des égards. À titre d’exemple, avec un vif intérêt pour l’agriculture, il est un agriculteur de subsistance au Burundi. Bien qu’il vive toujours au Kenya, il aspire à l’avenir à jouer un rôle plus important dans le développement des secteurs socio-économiques de son pays.

« En 1995, j’ai été contraint de fuir mon pays natal, le Burundi, à la suite d’une longue guerre civile. Craignant que je ne rejoigne les combats, mon père m’a donné 60 dollars et m’a dit de fuir au Kenya pour y poursuivre mon rêve de musicien. À mon arrivée au Kenya, j’ai fait équipe avec un ressortissant tanzanien, Saidi Kinyunda. Nous avons formé un groupe et avons joué dans divers lieux de divertissement. Pendant trois ans, les maisons d’enregistrement nous ont refusés. En 1999, nous avons formé « Hot Rod Band » et avons approché un producteur basé à Nairobi, Maurice Ayado, qui a accepté de produire notre premier tube « Yaramenje ». Ce fut un succès immédiat auprès des fans qui étaient familiers avec notre genre de musique. Au début, la vie au Kenya n’était pas facile. J’ai été arrêté à plusieurs reprises lors de descentes de police contre les présumés sans-papiers. Les rafles visaient les réfugiés urbains pour leur soutirer de l’argent en échange d’une liberté de courte durée. Par ailleurs, les Kenyans nous considéraient comme de petits voleurs, des tricheurs et des mécréants. Quand je suis arrivé dans le pays, la majorité des Kenyans écoutaient surtout de la musique étrangère. Nous avons donc commencé à chanter en swahili, et en quelques années, nous sommes devenus célèbres. Je peux dire avec fierté que j’ai été l’un des artistes qui ont fait écouter des chansons en swahili aux Kenyans. Aujourd’hui, 90 pour cent des chansons, y compris les miennes, qui sont chantées ou jouées dans la plupart des lieux de divertissement sont en swahili. J’ai aussi été l’un des premiers artistes à interpréter des chants profanes et religieux.

Je pense aussi qu’il est important que les migrants contribuent au développement de leur pays d’accueil, qu’ils paient des impôts et qu’ils contribuent à l’économie. J’ai essayé de rendre autonomes les migrants burundais ici au Kenya par la musique. C’est mon cinquième groupe, depuis 1995. La plupart de mes accompagnateurs ne sont pas seulement des Burundais, il y a aussi des Tanzaniens et des Rwandais. C’est à travers ma musique que je contribue au changement social. Les Kenyans s’y identifient, et c’est important ».

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