Amsatou Vepouyoum

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#iamamigrant
Mes enfants sont la raison pour laquelle je ne ralentis pas mes efforts pour assurer l’inclusion des migrants dans la société d’accueil.
Amsatou Vepouyoum
Pays Actuel: 
Mauritanie
Pays d'origine: 
Cameroun

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Amsatou Vepouyoum est une Camerounaise de 36 ans qui vit en Mauritanie avec ses deux enfants, l’un âgé de 4 ans et l’autre de 9 mois, depuis 2000. En fin 2004, elle décide de repartir au Cameroun, dans l’espoir de se lancer en affaires dans sa ville natale de Foumban, située au nord-est du Cameroun. Sur son chemin de retour, elle fait une escale à Cotonou, capitale du Bénin. Mais les chosent ne se passent pas comme prévu.

Arrivée au Bénin, elle présente tous ses documents d’identité ainsi que les certificats de naissance de ses enfants, ces derniers écrits en arabe. Elle est immédiatement interpelée et interrogée dans un bureau d’immigration. Ne parvenant pas à fournir une traduction des documents, elle est soupçonnée de participer à une opération de traite des enfants.

Avec des certificats de naissance incompréhensibles pour les autorités locales et un commissaire qui essaie de communiquer avec les enfants dans un dialecte qui leur est étranger, elle se sent impuissante.

« Quand ils ont finalement posé les questions en français et que les enfants m’ont montré du doigt après qu’on leur ait demandé où était leur mère, ils (les agents) m’ont fait sortir de la pièce », explique Amsatou d’une voix attristée. « Ce n’est qu’après que les enfants aient pleuré leur mère que la police a été convaincue de notre parenté ».

Une fois à Douala, Amsatou subit le même interrogatoire car les autorités locales ne parviennent pas à lire les documents. Elle est retenue pendant 15 heures par la police. Elle s’en sort finalement grâce aux membres de sa famille présents à l’aéroport pour l’accueillir, qui ont pu rencontrer un commissaire dont l’intervention a permis de dissiper ce malentendu.

Pour un certain temps, Amsatou a réussi à répondre aux besoins de sa famille en vendant des produits textiles, mais au bout de deux ans, il lui était difficile de s’approvisionner et d’écouler son stock.

En 2006, elle décide de retourner en Mauritanie. Elle retrouve la rentabilité dans la transformation de poisson salé à Nouadhibou. Aujourd’hui, elle est présidente de l’Organisation des Migrants de Nouadhibou et représentante de la communauté camerounaise de la ville. Fervente défenseuse des droits des migrants, elle cite ses enfants comme étant la raison pour laquelle elle ne ralentit pas ses efforts pour assurer l’inclusion des migrants dans la société d’accueil et pour leur accès à l’information et aux démarches d’accès à la documentation.

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