Joshua

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 IOM/Monica Chiriac

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« J'ai vu des choses terribles au cours de ce voyage »
Joshua
Occupation: 
Etudiant
Pays Actuel: 
Maroc
Pays d'origine: 
Sierra Leone

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Comme il ne pouvait pas trouver d’emploi stable chez lui, Joshua, 24 ans, a décidé de quitter ses études de sociologie en Sierra Leone pour rejoindre l’Europe où il espérait bâtir un avenir meilleur pour lui et son épouse, Jennifer.

« C’était décourageant de voir un si grand nombre d’amis terminer leurs études universitaires et ne pas être en mesure de nourrir leur famille malgré leurs diplômes. Beaucoup de jeunes à la maison investissent tant dans leurs études et leur carrière, mais la vérité est qu’aucun de leurs rêves ne se réalisera s’ils ne connaissent pas les bonnes personnes. Tout repose sur qui vous connaissez », explique Joshua.

Il y a un an, Joshua a empaqueté le peu qu’il avait et s’est dirigé vers le Maroc. Son épouse Jennifer, âgée de 20 ans, l’a rejoint rapidement au Maroc dans l’espoir de faire le reste du voyage ensemble. De là, ils ont essayé de traverser à plusieurs reprises pour atteindre l’Espagne, mais ils ont été renvoyés à terre à chaque fois.

Voyant que Jennifer était enceinte, le couple a décidé de rentrer chez eux en passant par l’Algérie. Cependant, ils ont eu des difficultés à trouver assez d’argent pour continuer le voyage et Jennifer montrait des signes de complications liées à sa grossesse. « J’ai prié les gens de l’aider alors qu’elle pleurait et qu’elle souffrait. Ils ne voulaient même pas me vendre de médicaments à la pharmacie », raconte-t-il.

Ils sont tous deux montés à bord d’un camion aux côtés d’autres migrants d’Afrique de l’Ouest et se sont rendus au Niger. « Il y avait des blessés et des femmes enceintes dans le camion, mais personne ne s’en souciait. Le camion roulait à travers le désert », se souvient-il.

Au moment où ils sont arrivés au « point zéro » à la frontière algérienne avec le Niger, Jennifer était déjà enceinte de 9 mois. Au moment où elle a atteint Assamaka, son état nécessitait une assistance médicale immédiate.

Une solution devait être trouvée pour la famille le plus rapidement possible. Les deux mobilisateurs communautaires (« MobComs ») de l’OIM déployés à Assamaka ont offert à Jennifer une de leurs chambres jusqu’à la stabilisation de son état.

« Au début, cela ressemblait à une grossesse normale sans aucun symptôme d’urgence. Elle a rapidement commencé à avoir des contractions, mais le bébé ne semblait pas prêt à sortir », se souvient Natsuko Sawaya, Responsable Santé Publique pour la mission de l’OIM au Niger. Jennifer et son mari ont fini par rester à Assamaka pendant huit jours, jusqu’à ce que son état soit jugé suffisamment sûr pour qu’elle puisse supporter le trajet en ambulance de cinq heures à destination d’Arlit.

L’OIM travaille en étroite collaboration avec Médecins Sans Frontières (MSF) et les autorités locales de la commune d’Ingall afin de fournir une assistance médicale immédiate aux migrants en détresse. Chaque jour, Natsuko était au téléphone avec la famille pour prendre des nouvelles de Jennifer, tandis que l’équipe MSF opérant au centre de santé d’Assamaka et l’infirmière de l’OIM étaient prêts pour assister un éventuel accouchement.

Après que l’état de Jennifer se soit amélioré au cours des jours suivants, la famille a été transportée à Arlit où un médecin de l’hôpital local a procédé à une césarienne d’urgence. « C’est une sacrée expérience pour les personnes impliquées, mais nous sommes reconnaissants pour la tournure positive des événements », a déclaré Natsuko.

En moyenne deux bébés par mois naissent dans les centres de transit de l’OIM au Niger. Plus de 37 000 consultations médicales ont été effectuées dans les six centres de transit de l’OIM au Niger cette année, avec une moyenne de 17 cas médicaux urgents par semaine.

Assamaka sera bientôt équipée d’un tout nouveau centre de santé doté d’une maternité. « D’ici là, de tels cas peuvent être délicats à traiter, » explique Natsuko. « Les migrants arrivent souvent sans documents médicaux, ce qui rend difficile l’évaluation de la situation. Sans équipement adéquat et sans gynécologues ou sages-femmes formés sur place, déterminer le meilleur plan d’action peut être une tâche ardue. »

Trois jours après l’accouchement, Jennifer et Jane ont rejoint Joshua au centre de transit de l’OIM à Arlit, dans l’attente de l’acte de naissance et des vaccinations de Jane. « C’était assez stressant car je n’ai pas été en mesure de passer des tests pendant la grossesse, nous ne savions donc pas si le bébé était en bonne santé. Chaque fois que j’étais inquiète, je prenais le téléphone, appelais Natsuko et elle me rassurait », explique Jennifer. « C’est mon premier enfant, mais nous espérons en avoir un de plus. »

De là, la famille s’est rendue à Agadez, puis à Niamey, où elle a pris l’avion pour Freetown. Rien que cette année, plus de 12 000 migrants ont participé au Programme d’Aide au Retour Volontaire et à la Réintégration (AVRR) du Niger vers leur pays d’origine — dont 476 originaires de la Sierra Leone.

« J’ai vu des choses terribles au cours de ce voyage, mais il ne faut pas que j’y pense sans cesse, sinon cela me détruirait. J’essaie de mettre tout cela derrière moi », nous explique Joshua. « Le plus important, c’est que notre bébé soit en bonne santé. Elle est forte, tout comme sa mère ».

L’OIM a fourni deux ambulances aux centres de santé d’Assamaka et de Séguédine dans le cadre du projet d’Immigration et Gestion des frontières (IBM) « Renforcement des capacités sanitaires aux frontières avec Assamaka et Séguédine ». Le projet est mis en œuvre grâce au Comité d’Allocation des Ressources de Migration (Migration Resource Allocation Committee — MIRAC).

Les Opérations de Recherche et de Sauvetage et de Sauvetage Humanitaire de l’OIM sont menées conjointement avec la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) au Niger et sont financées avec le soutien du Gouvernement des Pays-Bas, du Département Britannique du Développement International (DFID) et l’Union européenne, dans le cadre du Mécanisme de Réponse et de Ressource pour les Migrants.

Près de 25 000 personnes ont bénéficié de ces opérations depuis avril 2016.

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