Hamma

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OIM / Monica Chiriac

1,163 kmfrom home
#iamamigrant
Je ne veux jamais arrêter d’apprendre, je veux devenir la meilleure version de moi-même. »
Hamma
Occupation: 
Humanitaire
Pays Actuel: 
Niger
Pays d'origine: 
Mali

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En 2012, Hamma se préparait pour son baccalauréat dans le nord du Mali. Cela faisait déjà plusieurs années que Hamma avait quitté sa famille et son village pour poursuivre ses études ailleurs dans la région. À l’époque, les troubles de la rébellion touarègue commençaient à prendre forme dans le pays.

« J’étais en classe quand j’ai entendu un coup de feu pour la première fois », raconte Hamma. « Les professeurs nous ont rapidement fait sortir de l’école, nous ont mis dans un bus et nous ont amenés au centre-ville pour que nous puissions rentrer chez nous. Mais une fois arrivés en ville, nous avons vu des gens fuir, il y avait des véhicules armés partout, des coups de feu étaient tirés dans tous les sens. Celui qui restait sur place risquait d’être tué. »

Après plusieurs attaques, des centaines de milliers de Maliens se sont dispersés à travers le Mali, et aux frontières du Mali dans les pays voisins. Quant à Hamma, il s’est dirigé vers la capitale de la région, Gao.

Sa famille avait déjà fait les 15 kilomètres à pied jusqu’à la frontière avec le Niger avant son arrivée. Il est parti lui aussi pour le Niger, pour rejoindre ses parents et ses sept frères et sœurs, qui l’attendaient tous au camp de réfugiés du HCR à Abala, dans la région de Tillabéri au Niger.

Ils étaient 12 000 dans le camp de réfugiés d’Abala lorsque Hamma y est arrivé en 2015. Actuellement, 49 000 personnes sont déplacées par la crise au Niger.

Hamma s’est intégré. Pragmatique, Hamma s’est très vite intéressé au fonctionnement du camp. Ses compétences ont rapidement été remarquées par différentes organisations opérant dans le camp de réfugiés. Il a reçu une offre pour assister avec les enquêtes humanitaires. Peu à peu, Hamma s’est fait un nom parmi les différentes communautés du camp de réfugiés. Il était le bienvenu partout où il allait et tout le monde le connaissait.

Le personnel du HCR a annoncé quelque temps après l’octroi d’une bourse d’études pour des lycéens et 27 jeunes ont posé leur candidature. Des semaines se sont écoulées avant que Hamma apprenne qu’il avait gagné. Un an après son arrivée au camp, Hamma faisait ses valises pour Filingué, au Niger, où il allait poursuivre ses études. Les frais de logement et les services publics étaient couverts et Hamma recevait une allocation mensuelle. Enfin et surtout, Hamma a obtenu son baccalauréat.

De retour à Abala, Hamma a eu connaissance d’un autre appel à candidatures pour une bourse, cette fois-ci parrainée par l’Allemagne. Hamma était le seul réfugié du camp à détenir un diplôme, alors on l’a encouragé à postuler. “Ce n’est pas la poursuite de mes études ou la pression pour réussir qui m’a motivé, mais l’amour et l’encouragement que tout le monde m’a montrés “, raconte Hamma. “C’est grâce à eux que je suis la personne que je suis aujourd’hui.”

Hamma a étudié le marketing et la communication à Dakar, au Sénégal, pendant trois ans. Chaque mois, il versait la moitié de son argent de poche à sa famille qui, entre-temps, était retournée au Mali. Il envoyait aussi des tissus à sa mère pour qu’elle les vende dans leur village, et une pompe à son père pour qu’il améliore son entreprise agricole.

Après avoir terminé ses études, Hamma est retourné au Niger et a commencé à travailler avec différentes organisations non gouvernementales. Il y a six mois, il a commencé à travailler avec l’OIM en tant que Volontaire des Nations Unies (VNU).

“Je suis la seule personne qui a étudié dans ma famille et j’ai parfois l’impression qu’il y a beaucoup de pression sur moi pour réussir. Ma famille me dit souvent que je suis son seul espoir “, dit-il.

Dans le cadre du programme de réponse d’urgence de l’OIM, Hamma travaille avec des partenaires de mise en œuvre pour assister les communautés déplacées vulnérables dans la région de Tillabéri, notamment celles d’Abala.

Sa famille compte souvent sur lui pour les dépenses quotidiennes. Chaque année, à l’occasion des fêtes de Tabaski (Eid), il envoie de l’argent à ses parents pour acheter des cadeaux à ses frères et sœurs.

Quand il est rentré de son premier voyage, les membres de la communauté n’en revenaient pas. Certains d’entre eux ont même pleuré en le voyant. Chaque matin, quand il se réveillaient, il trouvait un nouveau groupe de membres de la communauté assis sur son porche, attendant de lui parler. Les enfants qu’il avait rencontrés il y a des années avaient bien grandi, mais ils le reconnaissaient quand même. Le personnel du HCR se souvient encore de lui et tient à le féliciter.

“Ils m’ont dit qu’ils étaient fiers de ce que j’étais devenu. Partout où j’allais, ils criaient tous : “Hamma, Hamma !”

Hamma considère toujours le Mali comme son pays, mais il pense que le Niger lui a donné des opportunités qu’il n’aurait pas eues autrement. “Je ne pense pas qu’il y ait de pays plus accueillant que le Niger, dit-il.

Mais Hamma n’a pas encore fini. Il veut poursuivre ses études et obtenir une maîtrise. “Je ne veux jamais arrêter d’apprendre. Il y a tant d’autres choses à savoir dans ce monde. Je veux devenir la meilleure version de moi-même.”

Pour faire face à la situation d’instabilité dans la région de Tillabéri, l’OIM a lancé cette année un projet de réponse humanitaire d’urgence d’une durée de neuf mois, financé par le gouvernement japonais, dans le but de fournir un accès à des abris d’urgence et des biens non alimentaires à 14 500 personnes déplacées.

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